La « moins disance » et son impact sur les financements et la durabilité des services dans le secteur eau et assainissement

Updated - Tuesday 17 August 2010

WASHCost est un projet de recherche-action mis en œuvre par le Centre Régional pour l’Eau potable et l’Assainissement à faible coût (CREPA) au niveau de son siège. Il vise à déterminer les coûts unitaires des services d’eau potables, d’hygiène et d’assainissement. L’approche de sa mise en œuvre est participative à travers un réseautage en « Alliance d’apprentissage » avec les acteurs du secteur de l’eau et de l’assainissement, donne lieu à des rencontres trimestrielles.

La première rencontre des membres de l’alliance d’apprentissage s’est tenue le 12 mars 2010. Elle a été facilitée par les membres de l’alliance et a eu pour but de discuter de l’approche d’estimation des coûts des services d’eau à long terme (ou coûts du cycle de vie des ouvrages), connue sous l’appellation anglaise de « life-cycle costs (LCC) approach », Cette approche privilégie la prise en compte de touts les coûts nécessaires à la réalisation et à l’entretien des ouvrages pour des services d’eau et d’assainissement fiables et durables.

La présente rencontre s’est particulièrement intéressée la question de la « moins disance ». Elle est souvent le choix effectué par les opérateurs pour l’octroi des marchés car c’est un choix économique ; mais souvent ces choix se traduisent par un manque de budget, une exécution plus lente et ne garantissant pas forcément des services durables.

En effet, des participants rapportent que les budgets proposés lors de l’appel d’offre s’avèrent souvent insuffisants lors de l’exécution des projets et conduisent souvent à des majorations de budget alourdissant les rapports de projet. Une telle situation ne saurait non plus faciliter la collecte de couts d’investissements par le projet WASHCost.

La présente réunion de l’alliance d’apprentissage s’est intéressée à la question de l’attribution des marchés et autres problématiques de coûts en rapport. Au nombre de ces problèmes, l’absence de synergie entre les operateurs économiques pour minimiser les écarts entre les coûts de projets d’eau et d’assainissement. Certains opérateurs de la place auraient également des difficultés à se conformer aux normes du gouvernement en ce qui concerne notamment l’approche sectorielle dans le financement des projets.

De l’avis d’un participant, cette situation pourrait être rectifiée par les décideurs politiques. C’est l’avis de Messieurs Madré Issa du Ministère de l’Administration territoriale et de la décentralisation et Compaoré Boureima qui sont unanimes sur ceci :
« A travers le Programme National pour l’Approvisionnement en Eau Potable et Assainissement (PN-AEPA) le Ministère de l’Agriculture de l’Hydraulique et des Ressources Halieutiques (MAHRH) dispose de certains coûts pouvant servir de référence, y compris pour la recherche du projet WASHCost. Le ministère n’est pas sans connaître les fourchettes des prix de marché. Il faut que la moins disance soit éliminée purement et simplement. L’observance des règles gouvernementales par les opérateurs économiques rendrait le financement plus tangible. Cependant les décideurs politiques devront mettre en place un centre de décision plus ferme pour y arriver. Le professeur Denis Zoungrana renchérit : « En prenant les moins disant vous n’avez aucun contrôle sur les couts »(…) les entreprises ont des stratégies de conquête du marché qui ne garantissent pas la bonne réalisation des projets avec les projets proposés. Il faut que nous arrivions à connaître et déterminer les coûts par nous-mêmes.

Entre autres solutions, les participants ont suggéré de faire établir les coûts unitaires d’un projet par les participants au dépouillement d’appels d’offre pour maitriser la variation des coûts et aussi le financement.

Les participants de l’alliance d’apprentissage de WASHCost espèrent que le projet va permettre de régler ce genre de problèmes.

Si les moyens disponibles sont limités, mais une bonne planification des projets éviterait des investissements à pertes parmi lesquels on compte les projets inachevés ou réalisés au mépris des normes de qualité. Du reste, WASHCost entend régler ce genre de problèmes et bien d’autres liés à la bonne budgétisation des services durables et entend le faire dans le cadre de son approche de réseautage qui s’appelle « alliance d’apprentissage ».

Dans le but de contribuer à l’amélioration de la gouvernance dans le secteur de l’eau et l’assainissement, le projet WASHCost « Coûts de l’Eau, de l’Hygiène et de l’Assainissement » vise à quantifier les coûts unitaires des services d’AEPHA, avec la promesse, à terme, de garantir des investissements durables selon les normes de coût-efficacité.

Pascal DABOU